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Interview - 28/05/2007
Jaroslav Plasil répond à vos questions !
Quelques heures avant de rejoindre la sélection tchèque pour la toute dernière échéance de sa saison, Jaroslav Plasil a pris le temps de répondre à vos nombreuses questions. Interview...

Jaroslav, après 8 ans passés à Monaco, quels sont tes meilleurs souvenirs en Rouge et Blanc ?
(Il sourit) Le meilleur souvenir, c’est sans hésitation le quart de finale retour de Ligue des Champions contre le Real Madrid. On perd 4-2 là-bas et on les bat 3-1 chez nous. J’ai disputé toute la rencontre au milieu du terrain, contre Zidane notamment… Plus globalement, c’est clair que toute l’épopée en Coupe d’Europe cette année-là a été fantastique. C’était très intense et inattendu, c’est ce qui a fait la beauté de notre parcours.

A quel âge as-tu commencé à jouer au foot et d’où t’es venue cette passion ?
J’ai commencé à l’âge de 5 ans en club. Passion, c’est vraiment le mot car même si mon père et mes frères jouaient aussi, personne ne m’a jamais poussé, j’avais toujours envie d’aller taper dans le ballon.

Tu as rejoint le centre de formation de l’ASM FC en septembre 1999. Comment s’est passé ton recrutement ?
J’avais 17 ans et je jouais au Hradec Kralove, petit club tchèque avec lequel j’avais disputé 4 matches de Division 1 en fin de saison 1998-1999. Je suis parti avec la sélection pour le championnat d’Europe des Moins de 17 ans, je me souviens que notre gardien de but était Petr Cech à l’époque ! On avait fait une belle compétition en terminant 4èmes, beaucoup de recruteurs étaient là, dont Monsieur Pietri, qui était alors au centre de formation de Monaco. D’autres clubs français étaient intéressés mais Monaco était le plus grand club, il disputait la Ligue des Champions avec Henry ou Trezeguet… J’ai fait mon choix et tout s’est réglé rapidement : trois mois après, je signais ici.

Regrettes-tu de ne pas avoir joué plus longtemps dans ton pays ?
Non car rien n’était calculé. J’aurais pu rester plus longtemps en première division tchèque mais j’ai eu cette opportunité d’aller à Monaco, un grand club, et je l’ai saisie. Au début, c’était très dur de s’acclimater, surtout par rapport à la langue. Mais je n’ai jamais regretté ce choix et je me suis toujours dit que si je ne réussissais pas ici, je pourrais toujours retourner dans le championnat tchèque.

Tu as passé deux années au centre de formation, quel est ton avis sur son potentiel aujourd’hui ?
Le centre de formation monégasque a toujours été un des meilleurs en France. Ca continue aujourd’hui puisque beaucoup de jeunes issus de ce centre passent Pro. Moi, j’ai connu l’époque de Monsieur Banide et de Monsieur Pietri, qui étaient là depuis de nombreuses années. Les hommes ont changé aujourd’hui mais la qualité des joueurs est encore là, tant mieux pour le club car c’est essentiel pour sa réussite. Aujourd’hui, certains jeunes comme Bakar, Nimani ou Mongongu ont beaucoup de talent, à eux de travailler pour progresser et s’imposer.

Quel bilan, collectif et personnel, tires-tu de cette saison ?
C’est évidemment une saison décevante, pour Monaco comme pour moi. Nous avons très mal démarré, heureusement, l’arrivée de Laurent Banide comme entraîneur a permis de sauver l’équipe. La deuxième partie de saison s’est beaucoup mieux passée mais le classement final reste décevant par rapport à l’effectif dont nous disposions. Pour ma part, je n’ai pas beaucoup joué en fin de saison et c’est aussi une déception. C’était une mauvaise période pour moi et j’espère qu’elle est terminée.

Est-ce que tout ça a eu des conséquences pour toi en équipe nationale ?
Pas pour l’instant puisque j’ai toujours été appelé, même cette fois pour le dernier match de la saison. Je sais que l’adjoint du sélectionneur vient parfois nous superviser, or je n’ai pas joué beaucoup depuis deux mois. Si ça continue comme ça, je ne serais peut-être plus sélectionné.

Tu seras ce week-end au Pays de Galles pour un match qualificatif pour l’Euro 2008. Où en est la République tchèque dans son groupe ?
Nous avons toujours une très belle équipe, l’objectif est de se qualifier pour l’Euro 2008. Nous ne sommes pas trop mal partis avec 4 victoires, un nul et une défaite en 6 matches. Mais rien n’est joué car notre groupe est un des plus difficiles avec l’Allemagne, l’Irlande et la Slovaquie. Il faut gagner samedi au Pays de Galles !


Le milieu de terrain tchèque face au Lensois Seydou Keita
Le milieu de terrain tchèque face au Lensois Seydou Keita


Que penses-tu de la saison de Flavio Roma, qui fait partie des plus anciens du club avec toi ?
Depuis qu’il est là, je ne l’ai jamais vu mauvais ! Il a toujours été présent quand il le fallait et a toujours été performant, à part la saison passée puisqu’il a raté presque 8 mois de compétition à cause de sa blessure. Cette saison, il est bien revenu, il nous a apporté des points et a fait preuve d’une belle régularité.

Seras-tu toujours à l’AS Monaco FC la saison prochaine ?
(Rires) Bonne question ! J’ai encore deux ans de contrat donc il n’y a pas de problème. Mais dans le football, tout va très vite. Pour l’instant, rien n’est décidé.

Est-ce qu’un championnat à l’étranger t’attire particulièrement ?
J’aime beaucoup l’Espagne. C’est la patrie du jeu offensif, c’est ça le vrai foot. En Ligue 1, la majorité des équipes joue avant tout pour ne pas perdre. Là-bas, les joueurs rentrent sur le terrain pour gagner, c’est ce qui fait toute la différence.

Un point fort et un point faible sur le terrain ?
J’ai du mal à parler de ça, c’est plus aux autres de le dire… Disons que je ne suis pas trop mauvais techniquement et que j’ai quelques lacunes physiques.

Quel geste technique apprécies-tu le plus dans le football ?
Je n’ai pas un geste favori mais ce que j’aime avant tout, c’est tout simplement de voir un contrôle réussi. C’est ça qui fait tout.

Depuis tes débuts, tu as évolué à tous les postes du milieu de terrain, quel est celui qui te convient le mieux ?
Je suis un milieu offensif axial, c’est là où je pense être le meilleur. Mais c’est vrai qu’en Pro, on ne m’a jamais vraiment fait jouer à ce poste. Je joue plutôt sur un côté. J’ai même joué quelques matches en milieu défensif cette saison mais ça n’est pas un poste que j’affectionne.

On a l’impression que tu joues avec la même facilité des deux pieds, même pour tirer les corners par exemple. Est-ce une spécificité naturelle ou travaillée ?
Un peu des deux. Lorsque j’étais enfant, mon père, qui a joué au foot à un petit niveau, me disait toujours de penser à jouer avec les deux pieds. Je l’ai écouté et j’ai grandi en étant aussi à l’aise des deux pieds. J’ai tout de même une petite préférence pour le gauche car je l’ai beaucoup travaillé quand j’ai été blessé au genou droit. Aujourd’hui, je pense qu’il me permet de frapper un peu plus fort.

Quel(s) coéquipier(s), à Monaco ou en équipe nationale, t’a le plus impressionné ?
En sélection, c’est Pavel Nedved, qui réalise une carrière exceptionnelle. Il était certes doué dès le départ, mais pour arriver là où il est arrivé, il a dû beaucoup travailler. C’est un exemple, pour ses qualités de footballeur et pour tout ce qu’il a apporté à mon pays depuis le début de sa carrière. A Monaco, le meilleur joueur que j’ai croisé est Marcelo Gallardo, qui était un monstre techniquement. Plus généralement, toute l’équipe championne de France en 2000 était exceptionnelle. J’ai commencé à intégrer le groupe Pro la saison d’après et des joueurs d’expérience comme Simone ou Leonard, pour ne citer qu’eux, m’ont permis de progresser beaucoup plus vite.


Retrouvailles avec Marcelo Gallardo, son ancien coéquipier à Monaco
Retrouvailles avec Marcelo Gallardo, son ancien coéquipier à Monaco


Quel entraîneur t’as le plus appris dans ta carrière ?
Tous ont leurs spécificités et m’ont apporté quelque chose. Mais celui qui m’a le plus marqué, c’est mon sélectionneur, Karel Brückner. Il a 68 ans et a vraiment une connaissance incroyable du métier d’entraîneur. Il a tout vécu, son expérience apporte énormément aux joueurs. Il sait toujours quoi faire ou quoi dire au bon moment.

Le plus beau but de ta carrière ?
Il n’y en a pas eu tant que ça… Mon préféré, c’est celui que j’ai marqué la saison dernière à domicile contre Ajaccio. Une belle reprise de volée alors que je venais de rentrer en jeu. 

Penses-tu terminer ta carrière dans un club tchèque ?
Même si j’adore retourner en République tchèque, avec l’équipe nationale ou pendant mes vacances, je ne me vois vraiment pas y habiter de nouveau. Il y a donc peu de chance que je retourne jouer là-bas. Mais je n’ai que 25 ans, j’ai encore le temps de penser à tout ça…

Ton après carrière est-il également encore flou ?
Effectivement, c’est flou car rien n’est véritablement programmé. Mais je commence tout doucement à faire des projets et à réfléchir à la suite.

Qui est l’actuel meilleur joueur du monde ?
Pour moi, c’est Kaka. Il a fait une saison énorme avec Milan.

Quel est le plus beau stade dans lequel tu ais joué depuis le début de ta carrière ?
(Il réfléchit) Celui de Madrid, Santiago Bernabeu. C’est le plus impressionnant.

Que penses-tu de l’arbitrage dans le championnat de France ?
C’est clair que sur certains matches, on peut parfois avoir l’impression de se faire voler. Mais je pense qu’il est inutile d’en faire toute une histoire, ça fait partie du foot. L’arbitrage est le même pour les deux équipes qui s’affrontent et sur une saison, je pense que les erreurs s’équilibrent. A mon avis, il serait bien d’aider les arbitres grâce à la vidéo. J’y suis favorable, notamment pour savoir si un ballon a franchi la ligne, ou pour le hors-jeu. Mais attention, son utilisation doit se faire selon certaines limites, car le foot ne doit pas être dénaturé.

Quels sont tes loisirs en dehors du foot ?
Le golf et le tennis. Surtout le golf, j’adore ça et j’y joue dès que je peux.

Si tu n’étais pas devenu footballeur professionnel, quel métier exercerais-tu aujourd’hui ?
(Il réfléchit) Je pense que j’aurais aimé être entraîneur, professeur d’éducation physique ou éducateur. Ce genre de métier à la fois dans le domaine sportif mais aussi au contact des jeunes.

Quels conseils peux-tu donner aux jeunes footballeurs qui rêvent aujourd’hui de devenir pros ?
Il faut garder à l’esprit que le football est un beau jeu, qui doit avant toute chose leur permettre de prendre du plaisir. Après, pour réussir à passer professionnel, il faut beaucoup travailler et savoir saisir sa chance.

Quel va être le programme de tes vacances ?
Je retourne en République tchèque pendant toutes les vacances et je vais tâcher d’oublier le foot pendant ces quelques semaines !


Jaro buteur cette saison lors du derby au stade du Ray (1-1)
Jaro buteur cette saison lors du derby au stade du Ray (1-1)